RDC : Norbert Basengezi favori sans opposition pour la vice-présidence du Sénat

Publié le 3 avril 2026 à 09:51

 

À la veille de l’élection du deuxième vice-président du Sénat prévue ce vendredi 3 avril, l’issue du scrutin semble largement acquise en faveur de Norbert Basengezi Katintima, désormais seul candidat en lice.

Le retrait de la sénatrice Marianne Bakiele Meso a en effet levé les dernières incertitudes autour de cette élection. Dans une correspondance officielle adressée au bureau du Sénat, elle a justifié sa décision par le respect de la discipline au sein de l’Union sacrée de la Nation (USN), coalition soutenant le président Félix Tshisekedi.

Ce retrait consacre de facto un consensus interne déjà établi au sein de la majorité présidentielle. Dans ce contexte, l’enjeu du vote apparaît moins lié au choix du candidat qu’au respect de la ligne politique fixée par la coalition au pouvoir.

Candidat déclaré depuis le 28 mars, Norbert Basengezi bénéficie du soutien d’une large partie de la majorité. Ses partisans mettent en avant son expérience politique ainsi que son ancrage dans la province du Sud-Kivu, le présentant comme un successeur naturel de Modeste Bahati Lukwebo à ce poste stratégique.

Toutefois, sa candidature suscite également des interrogations dans certains cercles politiques et au sein de la société civile. Son nom apparaît notamment dans le rapport Mapping des Nations unies publié en 2010, qui documente des violations des droits humains commises en RDC entre 1993 et 2003. Bien qu’aucune condamnation judiciaire n’ait été prononcée à son encontre, ces éléments continuent d’alimenter le débat public.

Par ailleurs, son parcours inclut un passage au sein du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), un mouvement rebelle actif durant les conflits dans l’est du pays. Là encore, ces antécédents, sans portée judiciaire directe, restent un sujet de discussion dans le contexte politique actuel.

Des tensions ont également été signalées au sein même de la majorité. Le regroupement AFDC-A, proche de Modeste Bahati, a exprimé des réserves quant au choix du candidat, estimant que le poste lui revenait après la démission de son autorité morale. Malgré ces divergences, la coalition semble maintenir une position unifiée.

Sur le plan international, la candidature de Basengezi est également observée avec attention. Il figure parmi les personnalités visées par des sanctions américaines adoptées en 2019 dans un contexte électoral sensible. Si ces mesures n’ont pas été suivies de décisions judiciaires en RDC, elles constituent un élément supplémentaire dans l’appréciation de son profil.

À quelques heures du vote, une conclusion s’impose : Norbert Basengezi apparaît comme le grand favori d’un scrutin sans véritable concurrence. Reste à savoir si les sénateurs suivront strictement la consigne de vote de la majorité ou si des voix dissidentes émergeront. Sauf retournement inattendu, cette élection pourrait se dérouler comme une simple formalité au sein de la chambre haute du Parlement congolais.

— Ring House FM

 
 

 

 

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