e Conseil national de suivi de l’Accord et du processus électoral (CNSA) a appelé à faire du dialogue national une priorité urgente, tout en exprimant de fortes réserves sur toute initiative de révision constitutionnelle dans le contexte actuel de conflit en République démocratique du Congo.
Dans une communication publiée le 31 mars, l’institution, dirigée par Joseph Olenghankoy Mukundji, met en avant la persistance de la guerre dans l’est du pays, notamment dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu. S’appuyant sur les témoignages de combattants Wazalendo, le CNSA souligne que les populations continuent de subir des violences et des conditions de vie précaires, appelant à une réponse politique inclusive.
Selon le président du CNSA, le recours au dialogue inter-congolais ne relève plus d’un choix stratégique mais d’une nécessité. L’institution estime qu’une démarche inclusive entre acteurs nationaux constitue la seule voie crédible pour parvenir à une paix durable et restaurer la cohésion nationale.
Dans le même temps, le CNSA met en garde contre un glissement du débat public vers la question de la révision constitutionnelle. Une orientation jugée inappropriée au regard de la situation sécuritaire et juridiquement contestable dans un contexte marqué par l’état de siège. L’institution rappelle que les dispositions constitutionnelles en vigueur limitent toute modification en période de crise, tout en soulignant les difficultés pratiques d’organiser un référendum sur l’ensemble du territoire.
Le Conseil déplore par ailleurs un décalage croissant entre les priorités des populations affectées par le conflit et celles d’une partie de la classe politique. Selon lui, certains acteurs, soutenus par des segments de l’élite intellectuelle, contribueraient à détourner l’attention des enjeux essentiels, reléguant au second plan la question sécuritaire et humanitaire.
Cette dynamique, avertit le CNSA, risque d’accentuer le sentiment d’abandon au sein des populations de l’est du pays, déjà fortement éprouvées par les violences. L’institution souligne également les dangers potentiels pour l’unité nationale si des réformes majeures sont engagées sans tenir compte du contexte de guerre.
Au-delà des aspects juridiques, le CNSA formule une critique plus large sur la hiérarchisation des priorités politiques, estimant que les enjeux liés à la conquête du pouvoir prennent le pas sur les impératifs de paix et de stabilité.
Face à ces risques, l’institution appelle l’ensemble des acteurs politiques, économiques et sociaux à recentrer leurs actions sur l’intérêt général, en plaçant la paix et la cohésion nationale au cœur des priorités. Elle insiste sur la nécessité d’un dialogue inclusif capable de rassembler les différentes composantes du pays autour d’un objectif commun : mettre fin au conflit et stabiliser durablement la République démocratique du Congo.
— Ring House FM
Ajouter un commentaire
Commentaires